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Conseil Fédéral du 19 au 22 octobre 1999 |
RESOLUTION :
MISSIONS - EMPLOIS - STRUCTURES
QUELLE MODERNISATION POUR LE MINISTERE ?
La FDSU estime que la question du rôle de lEtat et de la
place des Services Publics revêt une importance particulière dans un pays riche où les
exclusions et les inégalités ne cessent de se multiplier.
Les Services Publics doivent être regardés comme des outils
indispensables de la redistribution des richesses et de la réduction des inégalités.
Leur organisation, leur fonctionnement, leur mode de gestion
doivent donc répondre au besoin de justice, de neutralité et de solidarité et ne
sauraient être déterminés par la volonté dogmatique de réduire la dépense publique
et/ou de la subordonner à une exigence de rendement immédiat .
Le service public fiscal, foncier, économique, financier et
comptable assuré par le MEFI joue un rôle essentiel de cohésion nationale et de
régulation sociale (redistribution des richesses par
lutilisation des recettes budgétaires, aide aux
collectivités locales, protection du consommateur, politique industrielle ...).
Pour la FDSU ce rôle essentiel doit être amélioré et
renforcé. Aussi, la FDSU condamne-t-elle la conception de la modernisation qui guide la
mission 2003 cest-à-dire le rétrécissement (fut-il à terme) de
lintervention du MEFI, la diminution drastique de son coût et/ou sa subordination
à un rendement .
La FDSU condamne enfin le battage fait
par lAdministration afin de persuader lopinion et les agents que sa conception
de la modernisation est la seule possible. Dans les faits,
le débat a été enfermé dans la logique coût/rendement et na donc pas
permis une véritable expression fondée sur les besoins.
· Le renforcement des missions dévolues au Ministère
La FDSU considère que les attributions du MEFI ne doivent pas
être déterminées par une rentabilité financière mais par leur intérêt social.
La FDSU revendique que les missions du Ministère soient
renforcées pour une fiscalité plus juste et plus redistributrice, pour une meilleure
aide aux collectivités locales, pour un meilleur contrôle de la dépense et de la
recette publique, pour une protection du consommateur plus efficace, pour une plus grande
régulation en matière économique...
Pour la FDSU, aucune des missions ne doit être externalisée et
les synergies au sein du MEFI doivent être développées.
· Le maintien et le renforcement des effectifs titulaires du MEFI
La FDSU condamne la politique de suppressions demplois qui
relève du souci dexemplarité du MEFI dans la lutte contre les déficits publics au
mépris de la qualité du service rendu.
Elle affirme que lEtat actuel daccomplissement des
missions et la nécessité de renforcer ces dernières exigent larrêt de cette
politique.
Par ailleurs elle dénonce le recours :
- aux non titulaires (C.E.S., auxiliaires ...) et demande la
transformation de leurs crédits de rémunération en créations de postes de titulaires ;
- à des personnels du secteur privé qui exercent des missions de
service public comme par exemple à la C.C.R.F. les agents commissionnés. Des emplois de
fonctionnaires devront naturellement être créés dans les Directions concernées
· La préservation du maillage territorial actuel :
Il est la garantie :
- dune égale accessibilité au service pour tous les
usagers ;
- dun aménagement du territoire équilibré entre zones
urbaines et rurales,
- économiquement riches ou pauvres ;
- dune organisation qui ne soit pas commandée par
limpératif de
- concentration/spécialisation des services.
· La formation des agents, la juste reconnaissance de leur technicité et le renforcement de leurs garanties de gestion .
L'actualité imposée par la mission 2003 et les pistes de
réforme pressenties ou déjà entreprises amènent la FDSU à préciser sa position sur
un certain nombre de points.
La FDSU estime que lamélioration du service rendu suppose
des moyens renforcés, une meilleure synergie entre les services et quelle doit
tenir compte de principes fondamentaux tels que légalité de traitement,
légalité devant limpôt ...
La FDSU nen rejette pas le principe, à condition
quelles ne mettent pas en péril le fondement même de nos missions (égalité
devant limpôt, neutralité dans la gestion des finances publiques, protection du
consommateur ...) et quelle ne conduisent pas à une réglementation
clientéliste .
La FDSU dénonce la politique du Ministère qui, sous couvert de
simplification, damélioration du Service Public et de sa modernisation, conduit de
fait à un affaiblissement du rôle du Service Public Fiscal.
Attachée à toutes les missions gérées par lensemble
des directions du Ministère, la FDSU affirme leur caractère régalien. Elle revendique
le maintien dune proximité physique du citoyen et la recherche permanente de la
justice fiscale et sociale.
· Organisation des Services :
La FDSU considère que lorganisation des services mérite
un débat approfondi qui puisse être abordé sans a priori, sans opposer les Directions
entre elles, sans opposer les agents entre eux, sans troc de missions entre les
Directions.
La FDSU estime que le fonctionnement et les relations entre les
Administrations pourraient dores et déjà être améliorés sil existait une
volonté politique de doter en moyens et effectifs suffisants lensemble des services
existants.
Pour une amélioration des rapports entre le contribuable et les
administrations fiscales, la FDSU propose :
- le renforcement des coopérations notamment lors des grandes
échéances de limpôt. Ce renforcement doit saccompagner des moyens
nécessaires en effectifs, formations, et matériels ;
- une amélioration des liaisons entre les Services, en
particulier par une utilisation rationnelle des Nouvelles Technologies de
lInformation et de la Communication au niveau de linformation et du
renseignement.
La FDSU dénonce la concentration de certaines tâches et missions qui va à lencontre dun service de proximité. Au contraire elle constitue un facteur déloignement et de déshumanisation des relations avec le contribuable. Il en est ainsi des expériences de centres dappels téléphoniques, visio-guichet
Dans le cadre dune politique de créations demplois,
et de développement des moyens nécessaires à laccomplissement des missions, le
contribuable serait réellement placé au centre de nos préoccupations et non
lobjet dun affichage dénué de sens.
La FDSU condamne lidée dune spécialisation
assiette/recouvrement par type dusagers qui présente le risque majeur dune
approche clientéliste de la gestion de limpôt. La mise en place de la Direction
des Grandes Entreprises conforte cette crainte.
· Séparation ordonnateur-comptable :
La FDSU constate que la notion de séparation de
lordonnateur et du comptable na pas la même portée dans toutes les
directions. Elle garde toute sa valeur à la Comptabilité Publique particulièrement en
raison des missions de gestion comptable des collectivités locales. Elle se traduit par
la séparation de la responsabilité de lAssiette et du Recouvrement en matière de
contrôle des recettes publiques.
Dans ce cadre, cette séparation demeure une garantie de saine
gestion des fonds publics, dune transparence dans leur utilisation.
La suppression de ce principe pourrait être la porte ouverte à
de nombreux abus.
· Perspectives dactions :
La FDSU dénonce et condamne toutes tentatives orchestrées par
lAdministration qui visent à opposer les personnels de la D.G.I. et de la D.G.C.P..
Elle affirme que face à cette politique de démantèlement, il
est urgent dorganiser une riposte unitaire.
La FDSU sengage à développer en son sein une réflexion
permanente sur le maintien, lévolution et les conditions daccomplissement des
missions propres aux deux administrations fiscales.
La FDSU considère que les missions économiques sont un enjeu
dautant plus important que notre société est marquée, sous la pression du
libéralisme, par les déréglementations économiques et sociales. Seul un service public
renforcé et des agents de lEtat formés et qualifiés sont en mesure
dapporter tous les acteurs de cette société les garanties quils sont
en droit dattendre sur ces sujets. Dans ce cadre, les différentes directions du
Ministère ont un rôle déterminant à jouer.
La décision du Ministère de mettre en place un Correspondant
Economique Unique ne répond pas selon nous à ces préoccupations mais plutôt à un
effet daffiche et un souci de parallélisme avec lInterlocuteur Fiscal Unique.
Par ailleurs, la FDSU dénonce labsence de réflexion préalable et concertée sur
les missions, les structures, limplantation des sites, le volume et la qualification
des emplois ou encore la formation et les conditions de travail des agents. Enfin la FDSU
considère quun agent généraliste polyvalent et omni compétent est un leurre pour
lusager.
La FDSU propose depuis longtemps la création dune
Direction des Missions Economiques, sa pertinence se trouve aujourdhui renforcée.
Son action pourrait être articulée autour de quelques axes majeurs :
- la protection des citoyens,
- la protection des consommateurs,
- la protection des opérateurs économiques,
- la protection de lenvironnement,
- la surveillance des marchés publics.
Par ailleurs, une idée force nous semble, entre autres, devoir
être retenue : la séparation des activités de contrôle et de soutien financier.
Dores et déjà, certaines mesures pourraient être prises
pour faciliter le travail des agents :
- lamélioration des liaisons et de la complémentarité
des actions ;
- la simplification des textes et procédures dans le respect
des principes du service public et des droits des citoyens.
La FDSU prend deux engagements pour renforcer les missions économiques et parvenir à la création dune grande Direction :
- dune part, elle poursuivra ses réflexions pour
compléter et affiner sa revendication,
- dautre part elle mettra tout en oeuvre pour faire
partager ses critiques, analyses et propositions au plus grand nombre.
Cela passe notamment par une expression plus soutenue auprès
des agents, des citoyens, des entreprises, des élus et des médias.
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